Article publié le 25 juillet 2025.
Qui sont les "nuisibles" selon François Baygon euh...Bayrou
L’Insee et le service public publient des études indépendantes, et disponibles à toute la population.
Une des grandes enquêtes de l’Insee, l’enquête logement a donné lieu à une publication début juillet : Un quart des ménages vivent dans un logement en sous‑occupation très accentuée.
Celle-ci a été attaquée en premier lieu par le RN ("Non, mais ça devient l’URSS ! ") qui critique régulièrement toutes les statistiques qui lui déplaisent.
Le premier ministre a surenchéri lors d’un entretien le 10 juillet sur LCI (aller à la 30ème minute).
Il y qualifie de "nuisible" le travail de l’institut sur les surfaces de logements des ménages. De plus, à la question du journaliste : "On se dit, quand il faut économiser tellement, c’est un peu étrange que des gens se mettent au travail pour constater qu’il y a des gens qui ont de trop grands appartements", le Premier Ministre confirme en répondant : "Oui, c’est n’importe quoi".
Passons sur le fait que l’Insee ne dit pas que "des gens ont de trop grands appartements" (avec un jugement de valeur). Ces attaques ne montrerait-elle pas la méconnaissance de la loi par certaines personnalités politiques ? En effet, le Code de la construction et de l’habitation donne une définition légale de la sous-occupation d’un logement. C’est cette définition que l’Insee a utilisée dans sa publication.
Mais il s’agit d’ici d’une redite du premier ministre, qui a déjà qualifié de travail « nuisible » les activités de certaines agences : l’Office Français de la Biodiversité, Météo France, l’Ademe...
A la question suivante du journaliste, le premier ministre est incapable de répondre sur la surface de son appartement, généreusement mis à la disposition du Maire de Pau par l’État. Nous constatons que, bien souvent, les personnes qui ne connaissent pas la surface de leur appartement sont comme celles et ceux qui ne connaissent pas leur revenu : ce sont des personnes pour lesquelles ce n’est pas un problème.
Nous comprenons bien la volonté de ce gouvernement de faire taire toute parole scientifique, tout constat statistique, tout travail d’investigation journalistique, toute travail de la justice.
Si le travail de l’Insee est qualifié de "nuisible" par le premier ministre, nous revendiquons notre appartenance à ce groupes d’institutions indépendantes !
Nous continuerons de défendre l’indépendance de l’Institut contre les attaques des pouvoirs politique ou économique, qui n’ont comme objectif que de d’user de manière brutale de leur pouvoir sans contestation.



