Article publié le 6 octobre 2026.
Enquêtrices et enquêteurs : nos emplois ne sont pas jetables !
Le tract CGT et SUD
Tout récemment, plusieurs enquêtrices arrivant au terme de leur CDD ont appris que leur contrat ne serait pas renouvelé au motif d’« insuffisance professionnelle ». Pourtant, au cours de ces trois années de contrat, l’Insee a régulièrement augmenté leur quotité de travail, souvent temporairement, parfois durablement.
Quand l’Insee a besoin de leur travail, il augmente leurs quotités. Quand les contrats arrivent à échéance, il invoque l’insuffisance professionnelle pour se séparer d’elles.
Pour CGT et SUD, cette situation inadmissible pose une question qui dépasse largement les seuls cas individuels de nos collègues.
Non au salarié·e·s kleenex !
Les enquêtrices et enquêteurs ne peuvent pas être une variable d’ajustement de l’Insee.
L’Institut a durablement besoin de leur travail. Pourtant, une partie de ces emplois repose sur une organisation qui permet une grande flexibilité à l’employeur : contrats successifs, quotités susceptibles d’évoluer en fonction des besoins, incertitude sur le renouvellement du contrat et possibilité, au terme de celui-ci, de mettre fin à la relation de travail.
Les enquêtes en multimode ont permis à l’Insee de s’affranchir en partie de la contrainte géographique liée à notre lieu de domicile. Cela a accentué les possibilités de flexibilisation et de saturation des charges de travail et ainsi précarisé considérablement notre situation professionnelle.
Cette précarité a des conséquences très concrètes. Derrière un non-renouvellement ou une diminution importante de quotité, il y a une perte d’emploi et de salaire. Il y a des loyers ou des crédits à payer, des familles, des projets et des vies organisées autour d’un revenu dont la continuité reste incertaine.
Les enquêtrices et enquêteurs contractuel·les se retrouvent ainsi dans une situation particulière : sans la stabilité d’emploi des fonctionnaires, mais sans bénéficier pour autant de l’ensemble des garanties qui encadrent la rupture de la relation de travail dans le secteur privé.
Et cette précarité de l’emploi pèse nécessairement sur la possibilité de faire valoir ses droits, de contester une décision ou simplement d’exprimer un désaccord avec sa hiérarchie.
Au niveau national, le Secrétariat général de l’Insee a récemment indiqué que les situations de non-renouvellement et de non-CDIsation devaient rester exceptionnelles.
Nous demandons donc que cette affirmation se traduise concrètement.
Combien d’enquêtrices et d’enquêteurs sont concerné·e·s par des non-renouvellements ou des refus de CDIsation ? Sur quels critères ces décisions sont-elles prises ? Qui les prend ? Quels éléments sont examinés ? Quelles possibilités réelles sont offertes aux collègues pour faire valoir leurs observations et contester une décision ?
Nous exigeons également que les enquêtrices et enquêteurs bénéficient des mêmes garanties que les autres personnels de l’Insee lorsqu’une décision individuelle les concernant est contestée.
Elles et ils doivent pouvoir exercer un véritable recours et obtenir l’examen de leur situation par une instance paritaire, notamment par la commission consultative paritaire (CCP).
La précarité du contrat ne doit pas se doubler d’une précarité des droits.
Convoqué·e· par la hiérarchie ou les RH ? Il ne faut pas rester seul·e !
Lorsqu’un entretien concerne votre contrat, son renouvellement, votre quotité de travail, votre évaluation ou plus généralement votre avenir professionnel, ne restez pas seul·e.
Demandez l’objet de l’entretien par écrit. Contactez une organisation syndicale avant le rendez-vous. Demandez à être accompagné·e. C’est votre droit.
Lorsqu’on est directement concerné par son emploi, il n’est pas toujours facile de prendre des notes, de connaître ses droits, de poser toutes les questions nécessaires ou de se souvenir précisément de l’ensemble des échanges. La présence d’un représentant du personnel permet qu’un tiers ait directement connaissance de ce qui se dit.
Si vous avez déjà connu un refus de renouvellement ou de CDIsation, une forte diminution de quotité ou une situation comparable, contactez-nous.
Nous voulons désormais recenser ces situations à l’échelle nationale afin de connaître la réalité des pratiques et d’organiser collectivement les enquêtrices et enquêteurs confronté·e·s à ces difficultés.
Avec les enquêtrices et enquêteurs, CGT et SUD l’affirment :
Nos emplois répondent à des besoins permanents.
Nos emplois ne sont pas jetables.
Nos droits ne doivent pas l’être non plus.



