Article publié le 5 mai 2026.
Compte rendu CGT et SUD du GT du 14 avril 2026
GT enquêtrices et enquêteurs - sujets : coût du carburant et Opale
Coût du carburant
Avant toute chose nous avons parlé de l’augmentation du coût de l’essence et de ses conséquences sur notre pouvoir d’achat. Nos collègues ne doivent pas payer pour travailler donc nous demandons :
• toute solution avec voiture de location, qui a déjà été évoquée par la direction, mais qui n’est pas suffisante car pas possible pour tout le monde (nombre de kilomètres restreint aux plus de 5 000, disponibilité place garage, pas d’accompagnant·e possible...).
• l’augmentation de l’indemnité de collecte pour toutes les enquêtes nécessitant un déplacement compensant l’augmentation du prix du carburant. A verser dès maintenant ;
• la mise en place de cartes prépayées pour l’essence.
La direction a répondu qu’elle allait abaisser le seuil du nombre de kilomètres à 3 000 voire 2 000 pour pouvoir demander la location de voiture, car pour les plus de 5 000 km seules 150 enquêtrices et enquêteurs pourraient être concerné·e·s.
Dans la mesure où le gouvernement a exigé des administrations de refuser toute aide la direction ne mettra pas en place l’augmentation de l’indemnité de collecte.
Elle examinera en revanche la possibilité de mettre en place des « avances de trésorerie » pour les enquêtrices et enquêteurs ne pouvant pas faire l’avance de l’essence.
La direction a annoncé qu’elle communiquerait rapidement sur ce sujet auprès du réseau. Nous avons maintenu que l’augmentation actuelle était très difficilement tenable, et que des solutions doivent être trouvées.
Opale
Nous intervenons depuis de nombreuses années sur la charge de travail, qu’Opale prend mal en compte.
Rappelant le début d’année catastrophique qu’a subie le réseau et les DEM, nous avons replacé le contexte général des moyens :
• Opale ne peut être un problème technique traité seul : il manque des effectifs pour effectuer la collecte, et les plannings d’enquête occasionnent des pics de travail quasi ingérables, au risque de souffrance au travail (et aussi de perte de qualité des enquêtes).
• Le travail du réseau a beaucoup changé ces dernières années et il y a nécessité de réfléchir aux modalités d’enquêtes, notamment avec le multimode, les difficultés particulières dues à l’augmentation de la part du téléphone.
• Il est grand temps d’être réaliste sur le temps administratif qui est dévolu aux enquêtrices et enquêteurs : nous demandons un minimum de 4h par semaine pour une liste de tâches que nous avons listée en bas de ce mél (peut-être pas exhaustive !).
La direction annonce qu’elle répondra après décision du directeur général et consultation du guichet unique de Bercy (pour les conséquences en termes d’effectifs) pour les demandes de prise en compte de temps administratif. Un GT sur ce sujet sera programmé le 30 juin.
De plus des groupes de travail vont être mis en place d’ici l’automne sur :
les paramètres qui sont individualisés (quitte à essayer de les simplifier) : vitesses, taux de collecte territorialisés, temps de déplacement..., prise en compte des taux de collecte anciens pour l’attribution de la charge.
Les temps d’enquêtes et surtout les protocoles : notamment les enquêtes par téléphone : difficultés de bases d’annuaires et plus larggement de prise de contacts. Une étude ergonomique pourrait aider à préparer une enquête méthodologique qui est prévue sur le « multimode libre » (qui a été proposée par la direction fin 2027).
Les temps de tournées les prix : notamment avec les évolutions de tournées de remplacements, de difficultés particulières sur certaines variétés,
La direction a semblé ouverte pendant la discussion, nous attendons maintenant des actes montrant un « desserrement » du temps de travail lissé par Opale. Seule cette traduction montrera que la direction a pris des décisions et pas juste émis de simples paroles.
Nos déclarations liminaires et interventions sur Opale
On va faire des propositions sur le futur Opale (Agate) mais on ne peut pas prendre ce sujet séparément d’un contexte :
• nous n’avons rien contre Opale en tant que tel, le problème c’est la surcharge de travail qu’on nous octroie à plusieurs reprises dans l’année. Ce début 2026 a été catastrophique et a occasionné une grande souffrance au travail pour les enquêtrices et enquêteurs. Nous avons été contraints de faire une fiche de signalement pour le notifier lors de la dernière FS le 10 mars 2026. Nous n’avons pas reçu de réponse à cette fiche de signalement.
• la programmation des enquêtes qui produit ces périodes de surcharge de travail sont du ressort de la direction de l’insee et n’a donné aucune amélioration de votre côté depuis plus de 20 ans que nous faisons cette demande. Nos collègues des Dem en pâtissent également. En organisant les équipes de conception pour un lissage des calendriers, le problème de calcul de la charge serait sans doute moins conflictuel.
• vous avez mis en place le projet Agate mais lors de la présentation qui a été faite en GT du 23 septembre dernier, il n’y avait rien sur le calcul de notre charge de travail. Or un des problèmes de fond est qu’Opale effectue un lissage de notre charge de travail estimée, sur des périodes longues qui ne correspond pas à la réalité du travail que nous effectuons.
• enfin l’estimation de la quotité de travail dans Opale (doc n°2) date de 2014.
Or :
o la société a bien changé depuis, et l’approche des ménages s’est complexifiée : le repérage pour la préparation des enquêtes s’est considérablement alourdi
o la nature des enquêtes a énormément évolué avec le déploiement du multimode et l’augmentation du travail à domicile, impliquant une intensification du travail et l’augmentation de l’amplitude des journées.
o la construction du statut contractuel à partir de 2011 a peu à peu impliqué une normalisation de la position des enquêtrices et enquêteurs dans l’Insee. Mais cela n’a pas donné lieu à la reconnaissance du temps pour cela : temps administratif nécessaire aux tâches supplémentaires supportées par tous les agents de bureau, formations autres que métier, multiplication des supports de communication, échanges entre collègues enquêtrices et enquêteur et Dem car il s’agit d’un travail collectif...
o la construction de ce statut en 2013 avait nécessité la traduction de l’ancien statut de pigiste pour entrer dans les 1607 heures annuelles de travail. Opale (Chester à l’époque) et les calculs de temps de travail associés, faisaient partie d’une négociation globale avec contraintes budgétaires. Il faut garder cela en mémoire pour comprendre certaines mesures de temps qui paraissent aujourd’hui inadéquates (exemple flagrant : le temps interstitiel).
Liste de tâches des enquêtrices et enquêteurs non prises en compte et nécessitant un « temps administratif » pris en compte à l’instar des temps d’enquêtes (courrier transmis à la secrétaire générale en octobre 2025).
Suite à nos échanges lors du dernier GT FS du 7 octobre 2025, nous vous demandions une réponse concernant la non prise en compte du temps administratif des enquêtrices et enquêteurs dans Opale. Leurs conditions de travail depuis un certain nombre d’années se sont transformées en raison de la mise en place du multimode et de leurs échanges avec les DEM. Et très récemment avec notre entrée dans Sirhius.
Nous avons organisé un recensement auprès de nos collègues enquêtrices, enquêteurs de l’hexagone et des DROMS.
Nous vous détaillons ci-dessous les tâches correspondant à ce temps de travail, sous-estimé jusqu’à aujourd’hui, puisque seule 1 heure par mois est prise en compte dans Opale :
• consulter sa messagerie : prendre connaissance des mails, les trier, y répondre - et les archiver :
faire un mail, souvent après avoir déjà expliqué le problème par téléphone à quelqu’un de la DEM, que ce soit pour une mise à jour informatique à forcer, un problème de connexion à internet, un bug de CAPI, un souci de tablette qui surchauffe, des lenteurs informatiques...
faire des demandes par mail sur toutes questions RH (signature avenant, cumul d’activités, signature électronique), fournir le formulaire d’autorisation d’utilisation du véhicule personnel pour une utilisation professionnelle,
• Prise de contact avec les collègues (enquêtrices et enquêteurs comme collègues des bureaux)
• lecture des comptes-rendus, des notes de l’administration, de circulaires, des communications et des publications de l’Insee,
• recherches d’informations sur Symphonie,
• sondages ou enquêtes en ligne, qui se sont multipliés ces dernières années, entre autres en 2025 : évaluations de formations, baromètre numérique de l’agent, évaluation SIFOR, diversité aux MEF, relations entre les femmes et les hommes dans le milieu professionnel, Observatoire interne…
• préinscription et inscription en ligne aux formations, souvent suivie d’un mail de relance auprès de notre référent formation,
• inscription dans des Framacalc pour des dates de formations, de réunions, moments partagés, réservation de bureaux pour certain.es enquêteurs.trices,
• planification des congés selon son planning d’enquêtes et en faire les demandes dans Sirhius
• renseigner les notes de frais et collecter les justificatifs, les vérifier et les envoyer,
• démarches quant à la mutuelle et prévoyance obligatoire,
• renseigner son agenda Outlook et mettre en place des messages d’absence, changer le message du répondeur de son portable, refaire sa signature Outlook,
• faire l’inventaire et le tri de notre stock de fournitures de bureau et autre matériel, ainsi que commander le nécessaire, demander en ligne l’agenda annuel,
• préparation pour nos rendez-vous d’entretien individuel du CREPS et d’entretiens qualité (reprendre les résultats transmis par la DEM, se noter les points importants à discuter),
• Vérification des Fiches Récapitulatives Annuelles et du temps Opale,
• Vérification du détail des indemnités de collecte lorsqu’elles sont versées.



