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Article publié le 12 mars 2026.

Le CIA doit être égalitaire et avec des budgets supplémentaires !

le tract CGT et SUD

Le 3 février 2026, un groupe de travail du Comité Social d’Administration de Réseau (CSAR) s’est réuni pour étudier la mise en place du Complément Indemnitaire Annuel (CIA [1] ) pour les agents C et B de l’Insee.
La direction propose en effet d’étendre cette rémunération au mérite, dont bénéficient actuellement les seuls agents de catégorie A. Contractuel·e·s, enquêtrices et enquêteurs sont exclu·e·s du dispositif.
La direction de l’Insee souhaite aller vite pour une application en 2027 et compte faire des propositions au printemps 2026.

La prime au mérite, quelle idée ?

Pour nous les augmentations de salaires doivent se traduire par des augmentations du point d’indice et non par des primes qui ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite. Nous refusons l’individualisation des rémunérations : tout en faisant espérer à chacun·e de gagner plus que son ou sa voisin·e, les parts de salaires au mérite grignotent les garanties collectives. De plus notre travail au service du public ne doit pas se traduire par une compétition entre agents, ce qu’induisent les primes au mérite (comprendre : à la tête du client !).
• Le CIA doit être identique pour tous les agents

Des pertes de pouvoir d’achat importantes pour les C et les B
Pour autant les rémunérations des agents C et B « méritent » bien un coup de pouce : sans augmentation du point d’indice, et avec l’augmentation du coût de la vie, il est difficile de joindre les deux bouts.

Problème : la direction de l’Insee envisage le versement du CIA à budget constant, par la suppression de la NBI. Alors qu’aucun texte n’indique une incompatibilité entre CIA et NBI ; et même si la NBI est selon nous inégalitaire, elle a le mérite de compter pour la retraite.
• Le CIA doit correspondre à un budget supplémentaire : les catégories C et B ont un pouvoir d’achat affaibli par les années d’inflation et le gel du point d’indice.

Un budget supplémentaire, qui a été possible pour les catégories A doit être possible pour les catégories C et B. Il a également été possible pour les C et B en administration centrale en 2023, rien ne l’empêche à l’Insee !

Un peu de transparence
Des critères d’appréciation les plus clairs possibles doivent être mis en place. Ceci afin d’éviter comme pour toute rémunération au mérite, une pratique « à la tête du client », avec le rajout de deux critères (là aussi retenus par l’administration centrale) : la capacité à travailler en équipe et la contribution de l’agent au collectif de travail.
• La possibilité de recours en CAP comme cela se fait pour les catégories A doit être possible.

L’opacité sur les primes au mérite doit cesser à l’Insee
Pour les A où le CIA existe déjà, la direction est complètement opaque : elles et ils reçoivent une prime pendant l’été sans avoir de référence à leur entretien professionnel ni savoir où elles et ils se situent dans la distribution (ce qui prouve par ailleurs que cette histoire de mérite c’est du pipeau !).
• Les agents doivent être informés des critères déterminant le montant de leur CIA et savoir où ils se situent dans la distribution de celui-ci, ce qui est fait en administration centrale à Bercy.

Les augmentations de salaire, c’est pour tous les plus précaires !
• L’équivalent d’un budget supplémentaire « CIA » doit être débloqué pour les enquêtrices et enquêteurs, et pour les contractuel·le·s de niveau C et B.

 [1]

Notes

[1Quelques explications

Le CIA, c’est quoi ?

Le CIA est la seconde partie du RIFSEEP qui comprend une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) et éventuellement un complément indemnitaire annuel (CIA).
Le RIFSEEP est le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel.

La NBI, c’est quoi ?
La NBI (Nouvelle bonification indiciaire) est une prime permettant de rétribuer une responsabilité, ou une technicité particulière. Elle consiste en l’attribution de points d’indices majoré supplémentaires (10 ou 15 points sur une durée pouvant aller de 6 à 12 mois). Vous ne pouvez percevoir la NBI que si vous êtes fonctionnaires (stagiaire ou titulaire). Cette prime permet d’accumuler des points pour la retraite. 2/3 de l’enveloppe consiste à verser des points aux agents ayant travaillé à une opération particulière. La liste de ces opérations est revue chaque année. Elle est proposée par les directions régionales et arbitrée in fine par le secrétariat général. Ainsi elle est en grande partie collective, les critères sont au moins en partie objectivés. Toutefois tous les agents ne la touchent pas et la direction refuse de faire un bilan sur les agents qui n’en ont jamais touché, ou l’ont touchée très rarement.

Quel montant ?
Le CIA tient compte de « votre engagement professionnel et de votre manière de servir », évalués lors de l’entretien professionnel annuel mené par votre supérieur hiérarchique direct. Cette évaluation dépend de quotas, fixés arbitrairement par la direction, sans aucun texte réglementaire.
Le CIA est compris entre 0 et 100 % d’un montant maximal par groupe de fonctions, fixé par arrêté ministériel. Il est versé en une fois annuellement. Il n’est pas automatiquement reconduit d’une année sur l’autre.

A Bercy en administration centrale
Rappelons que l’administration centrale a obtenu en 2023 une rallonge budgétaire estimée à l’époque à 400 € par agent de catégorie C et 575 € par agent B. Cette somme, appelée « apport » est le montant versé aux directions pour chaque ETP susceptible de bénéficier d’un CIA. La somme des apports, l’enveloppe budgétaire, permet à chaque direction de verser, en le modulant, le CIA aux agents.
Chaque direction et service a alors le champ libre de moduler à sa convenance le montant du CIA (de 0 % à 100 %) dans l’opacité la plus totale.

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