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Article publié le 1er juillet 2026.

CSA du 30 juin 2026

Liminaire CGT et SUD Insee

Ce CSA se tient dans un climat particulier, à la fois en terme météorologique - nous aurons l’occasion d’y revenir - mais également en raison de plusieurs sujets annexes à cette instance, qui créent de la tension et de l’inquiétude chez nos collègues, de l’Insee ou des SSM.
piratage des données
Tout d’abord, parlons de tsunami, celui du piratage de données. Pour la première fois à l’Insee, il y a eu la révélation d’un piratage massif de données, via le trombinoscope. Plus de 12000 agents ont vu leurs informations personnelles et parfois de carrières partir dans le Dark Web. Même s’il ne s’agit pas de données d’enquêtes que nous collectons, cette perte n’en est pas moins importante et inquiétante. Elle fait écho aux alertes que nous avions déjà portées sur la faible sécurisation des données personnelles des agents au sein de l’Insee, ce qui avait donné lieu à un rapport d’IG et à une série de préconisations dont la mise en œuvre n’a pas été très visible. Nous renouvelons dans cette instance notre inquiétude face aux piratages de données qui concernent tout type d’organisme - y compris certaines confédérations syndicales - mais qui impactent plus fortement l’image d’un Institut qui gère des données collectées de façon volontaire auprès de milliers de ménages et d’entreprises. Nous souhaiterions avoir des garanties sur ce qui sera déployé pour éviter au maximum d’autres pertes de données de ce type.

Expressions politiques

Le climat est alourdi par les orages qui se répètent et qui se rapprochent de mois en mois, avec des remises en cause des travaux de la statistique publique. Après le Premier Ministre François Bayrou en juillet dernier qui estimait que le travail de l’Insee pouvait être nuisible, c’est au tour du Ministre de la Justice de remettre en cause ses propres services. A plusieurs reprises, et récemment encore au Sénat, il a regretté l’absence de service statistique au sein de son ministère. Comment doivent réagir les collègues du Service Statistique Ministériel de la Justice de Paris et de Nantes, qui comme les autres SSM sont reconnus par un arrêté ministériel ? Que faire face à un récidiviste de la critique de la statistique publique, lui qui, en tant que Ministre de l’Intérieur, accordait plus de confiance au boucher-charcutier de Tourcoing qu’aux enquêtes de victimation ? Après une lettre ouverte de nombreux agents de ce SSM, nous saluons la décision du responsable du SSM de porter l’affaire devant l’Autorité de la Statistique Publique, et nous, représentantes et représentants CGT et Sud, apportons tout notre soutien aux collègues du Ministère de la Justice qui voient leur travail et leur engagement professionnel nié. L’accumulation de ces orages, dans une période électorale qui s’annonce difficile, n’est pas de bon augure.
recensement Mayotte
Le climat autour de l’Insee a également pris un coup de chaud avec la publication d’un article de Libération sur les résultats du Recensement à Mayotte, dévoilant à grands traits les principaux résultats (hausse de la population qui serait plus faible que celle annoncée par le Ministre des Outre-Mer fin 2025, notamment). En 2025 nous avions dans cette instance assuré le Directeur Général de notre soutien suite à la réponse apportée au Ministre et à l’organisation de ce recensement général à Mayotte. Toutefois, lors d’un récent GT, les propos d’un des participants de l’administration nous ont choqué : pour être poli, ils reflétaient une vision métropolitaine de la population mahoraise. Cette fois on lit dans l’article de Libération que l’Insee a déclaré : "Les élus auront du mal à remettre en question nos résultats", comme une forme de menace au cas où ils souhaiteraient le faire. Nous nous opposerons à toute communication de l’Insee qui pourrait avoir des relents néo-colonialistes ou laisser entendre que la population mahoraise n’aurait pas des capacités identiques de réponse au reste de la population française.

Fermeture de centres d’examen
Mais la météo, ce sont aussi des coups de froid. Comme celui que les agents ont connu quand ils ont appris que tous les établissements ne seraient plus centres de concours, et dont ils paient encore les conséquences aujourd’hui. L’inéquité entre candidat·e·s (utilisation d’un moyen de transports aux horaires peu garantis, baisse d’attractivité pour les villes où il n’y a pas de centre d’examen) est remontée dans de nombreux établissements, souvent ceux pour lesquels les recrutements sont les plus difficiles. Nous vous remontons donc aujourd’hui une pétition demandant le rétablissement d’un centre d’examen dans tous les établissements de l’Insee, signée par les collègues de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie.

Pour finir, quelques précisions sur les sujets qui seront développés lors de ce CSA.

Temps administratif des enquêtrices

Concernant le temps administratif des enquêtrices et enquêteurs, étant donné la charge de travail hors enquêtes en forte augmentation, nous demandons qu’il soit de 4 heures par semaine, non proratisable en fonction de la quotité ou du temps de travail. Nous demandons également que la comptabilisation de cette charge de travail se traduise par une augmentation des effectifs d’enquêteurs et d’enquêtrices à l’Insee.
régime indemnitaire des Insed
Et pour finir sur un autre coup de froid, nous allons évoquer lors de ce CSA le régime indemnitaire des Insed. Alors que la révision des grilles a déjà eu un impact significatif sur les salaires versés, c’est cette fois l’indemnitaire qui évolue. Afin d’éviter une perte de salaire des collègues les mieux rémunéré.e.s de l’Insee, avec la fin de la NBI "haut encadrement", l’administration a obtenu du budget l’accord pour une réforme du CIA, permettant une compensation de cette fin de NBI. Vous avez salué avec grande satisfaction cette belle avancée.
Nous préférons rappeler en regard que malheureusement, la majorité des collègues, notamment les plus jeunes recruté·e·s au SMIC, ne voient elles et eux aucune amélioration de leur rémunération. Et que ces agents restent bloqués au SMIC avec des évolutions salariales nulles ou très faibles pendant des années. Et quand le dossier du CIA pour les B et C est ouvert, ce n’est même pas pour avoir un budget supplémentaire, mais pour remplacer les NBI par ce nouveau dispositif ! Nous demandons un système de prime plus égalitaire, qui ne favorise pas encore plus celles et ceux qui gagnent le plus, et qui soit transparent.

A l’heure où la hausse du carburant comme l’inflation en général continue de peser très lourd pour les salaires les plus faibles, notamment nos collègues enquêtrices et enquêteurs qui doivent utiliser leur véhicule pour travailler, nous demandons de demander des augmentations de salaires qui permettent des garanties pérennes et égalitaires entre agents.

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